L’esprit et les 51 facteurs mentaux, Gueshé Dakpa Tsoundu

Extrait de l’abhidharma par Asanga

 

Selon la tradition bouddhiste l’étude de l’Esprit est extrêmement importante parce que tout ce qui nous arrive, sans exception, que ce soit le bonheur ou le malheur, la joie ou la souffrance, vient en fait de l’Esprit.

Prenons comme exemple deux personnes dont l’une sait comment réfléchir, tandis que l’autre ne sait pas très bien comment il est préférable de penser. Devant ce même genre de difficulté, elles vont avoir une attitude très différente : la première personne ne sera pas très gênée et ne sera en aucun cas indisposée face à cette situation désagréable, alors que les mêmes ennuis nuiront énormément à la deuxième personne qui ne saura que penser à ce sujet.

Prenons encore deux malades atteints de la même maladie. Si l’un d’entre eux sait très bien comment penser, son corps sera évidemment affecté par la maladie, mais sans plus. Par contre l’autre qui ignore comment conduire une réflexion favorable, aura en plus de la maladie physique à assumer, à faire face à de l’inquiétude. Elle va se morfondre. Et finalement elle devra agir et supporter beaucoup plus de souffrance que la première malade. Ceci est quelque chose de très aisé à comprendre. C’est l’évidence même et la plupart d’entre nous ont sans doute l’expérience de ce genre de cas qu’ils ont pu rencontrer maintes fois. Ce n’est donc pas quelque chose de terriblement abstrait, compliqué et difficile à comprendre.

Tous ces états, le bonheur et le malheur viennent de l’Esprit. Et si l’on parvient à bien se maîtriser, à bien se contrôler, c’est-à-dire à penser correctement, à bien réfléchir, on sera toujours satisfait. Et si nous sommes satisfaits, ceux qui nous entourent en subiront les conséquences et l’influence, et nous nous montrerons parfaitement heureux.

En effet, voir, rencontrer quelqu’un qui semble heureux ne nous laisse pas totalement indifférent. De constater ce bonheur fait plaisir. On se sent à notre tour également « un peu content ».

La plupart d’entre nous travaille. Et si l’on exerce son métier au milieu de personnes détendues, contentes, le travail nous semble à coup sûr beaucoup plus agréable et plus facile. Par contre, si on doit, pour travailler, côtoyer des gens mécontents, insatisfaits, malheureux, même si on ne leur parle pas, rien qu’à les voir, on se sent déjà accablé.

Le bonheur, le malheur, tout vient de l’Esprit, de la façon de penser. Donc, la première chose qui importe, c’est de comprendre comment il est bon et souhaitable de penser. Et pour réussir, à discerner les méthodes convenables il faut d’abord étudier ce qu’est l’Esprit.

On peut dire que l’Esprit est formé de plusieurs composants. Lorsque certains composants se manifestent dans l’esprit, cela n’affecte pas tellement notre façon d’être. Ils sont neutres. Tout au contraire, lorsque certains composants se produisent ils nous rendent immédiatement malheureux. Enfin, il y a une troisième catégorie de composants qui, lorsqu’ils naissent dans l’esprit, nous rendent contents sans plus tarder. Ils nous rendent heureux tout de suite.

On peut pour le moment laisser de côté les composants neutres de l’esprit qui ne nous affectent pas. Ceux qui nous rendent « immédiatement heureux », il convient de les développer, de les faire progresser. Et ceux qui nous rendent « malheureux » mieux vaudrait essayer de les diminuer. En s’entraînant à ce genre d’activité très graduellement il arrive un moment où l’on n’aura plus à endurer aucune sorte de souffrance. A ce stade le pratiquant est devenu « Bouddha ».

On parle de « Bouddha » en sanscrit. En tibétain c’est Sanguyé, c’est-à-dire Sang(ue) = éliminer, purifier et Guyé = développer. Cela veut dire qu’on doit éliminer, purifier toutes les parties de l’esprit qui provoquent des difficultés, des malheurs ou de l’insatisfaction.

Voyons la deuxième partie du terme « Guyé », développer.

Développer quoi ? Il s’agit de développer les parties de l’esprit qui, dès qu’elles surgissent, nous rendent heureux. Quand on étudie l’esprit on parle de deux compcaosants principaux : 1° le Mental, encore nommé Conscience ; 2° les Facteurs Mentaux.

Texte descriptif du mental et des facteurs mentaux.

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